La fête des lumières

Bonne année ! Maintenant que nous avons quitté 2017 comme il se doit, il est temps de retrouver un régime plus sage. Plus sage, vraiment ? Ce 6 janvier, pour le plus grand plaisir des gourmands, nous fêtons l’Épiphanie, et sa traditionnelle galette ne manquera pas de nous apporter une toute dernière étincelle pour clore les célébrations de fin d’année en beauté.

L’Épiphanie, pour les chrétiens, est une fête qui célèbre la visite des rois mages à l’enfant Jésus. Mais au départ, comme de nombreuses fêtes connues, celle-ci est d’origine païenne : bien avant l’ère chrétienne, c’est ce que l’on appelait la fête de la Lumière. C’est en effet à cette période que les jours commencent à s’allonger, la nuit se fait moins noire et l’on se dirige doucement vers le renouveau du printemps. De nos jours, la galette elle-même, de par sa forme et sa couleur dorée, n’est pas sans rappeler le soleil.


Le nom de l’Épiphanie nous ramène dans la Grèce antique : les Épiphanes sont les douze Dieux de l’Olympe priés par les Hellènes. Le mot en tant que tel peut être traduit par « brillant », « éclatant », en référence aux divinités qui sont « apparues » aux hommes dans toute leur gloire. Leurs Dieux principaux sont ainsi célébrés en même temps que le retour de l’astre solaire, et leur qualificatif lui-même, en grec, renvoie directement à la lumière.


La date de la fête, le 6 janvier, nous vient quant à elle des Romains : les Saturnales débutaient ce jour, fêtes d’une semaine durant laquelle l’ordre de la société était inversé et parodié. Par exemple, un tirage au sort nommait un prisonnier condamné à mort « Roi » de la journée : il participait aux réjouissances en occupant la place d’honneur, et sa sentence était exécutée lorsque les Saturnales prenaient fin. Il arrivait aussi que, dans certaines familles, les esclaves prennent la place des maîtres durant les célébrations, ou encore qu’un jeune soldat soit nommé « Roi » et devienne commandant de ses pairs. C’est de cette coutume propre aux Saturnales que les chrétiens ont retiré le fait de désigner un roi le jour de l’Épiphanie. Sans le savoir, nous perpétuons une tradition romaine ancestrale alors que nous pensons célébrer une fête chrétienne.


Dans nos régions, c’est depuis le Moyen Âge que la fête est synonyme de galette des rois, ici en référence aux rois mages, bien sûr. Une pâtisserie contenant une fève cachée est partagée, et celui qui tombe dessus devient le roi de la journée. La tradition veut que l’on partage le gâteau en autant de parts que de convives, plus une : « la part de Dieu » ou « part du pauvre », destinée à toute personne miséreuse qui passerait par là. Vers 1875, on remplace la fève, jusque-là une sorte de haricot, par une figurine de porcelaine.

Nos traditions d’aujourd’hui sont bien loin de la fête de la Lumière antique, les siècles l’ont changée, adaptée, et néanmoins conservée. Passées à travers le filtre des années, nous serions bien surpris de savoir combien de traditions nous viennent de si loin, et la signification qu’elles pouvaient avoir à leur origine.



Galette des rois meringuée « maison »

Nous connaissons tous la galette de pâte feuilletée fourrée de pâte d’amandes, brillante et dorée. Cette année, pourquoi ne pas tenter une préparation maison ?

Ingrédients
- 2 pâtes brisées, ou feuilletées (selon les préférences)
- 200g de beurre
- 180g de poudre d’amandes
- 150g de sucre pour la pâte d’amandes
- 2 gros œufs, ou 3 moyens pour la préparation de la pâte d’amandes
Pour la meringue :
- 2 à 3 œufs pour la meringue
- 125g de sucre pour la meringue

Préparation

Commencez par préchauffer le four à 200°. Faites ensuite ramollir le beurre puis, dans un grand saladier, le mélanger avec le sucre, la poudre d’amandes et les œufs entiers. Mélangez jusqu’à obtention d’une pâte lisse. Dans un moule à tarte, déposez la pâte feuilletée ou brisée et la piquer avec une fourchette. Versez la pâte d’amandes et bien l’étaler. N’oubliez pas d’ajouter la fève à ce moment là. Recouvrir le tout avec la seconde pâte et bien refermer les bords. Séparez les blancs et les jaunes de 2 œufs. Réservez le blanc pour plus tard. Faites des croisillons sur la galette et badigeonnez là de jaune d’œuf. Enfournez dans le four préchauffé pendant 25 min. Pour la meringue, reprendre les blancs d’œufs mis de côté plus tôt et les monter en neige. Une fois les blancs pris, ajoutez progressivement 125g de sucre fin, et continuez à battre jusqu’à obtention d’une meringue ferme. Une fois la galette cuite, couvrir le dessus avec la meringue et ré-enfourner à 150° pendant 25 min.


Bon appétit !

A.D.